Avant les brevets, avant le code, il y a eu deux livres. Non comme préface — comme fondations : la couche enfouie sur laquelle tout le reste tient.
Ils ne décrivent pas Teris. Ils expliquent pourquoi Teris ne pouvait pas être bâti sur l'architecture héritée — et pourquoi il fallait redescendre jusqu'à la manière même dont une organisation se lit.
Le temps métier comme dimension — non l'horloge, mais l'horizon.
Point de départ : une gêne de dirigeant. Les décisions ne s'entendent plus, les équipes avancent sans se rejoindre. L'intuition : chaque rôle projette l'action selon un horizon propre — le R&D en T−3 (conception profonde), l'exécution en T0, le stratège en T+3 (anticipation). T−3 et T+3 sont tous deux « long terme » : le signe marque le sens de la projection, pas une date. Le livre pose la Vision Miroir pour rendre ces horizons visibles, et grave l'axe T de TeMI — une position temporelle projetée, jamais un horodatage.
Quand l'IA devient organe et l'humain retrouve sa voix.
Une question restait ouverte : et si le problème n'était pas seulement quand les choses se passent, mais comment elles se connectent — avec qui, et pourquoi maintenant ? L'attention glisse de la séquence au lien. L'entreprise devient un complexus vivant, au sens de Morin — « la relation plus importante que les éléments ». Le livre en tire une algèbre : le cube sensible 7×7×7, l'IsoCleon, l'IsoTomic, les sept relations, le barycentre émotionnel dont la dérive est la déviance.
Le second n'est pas une suite : c'est un glissement. On passe de « habiter le temps » à « tisser le lien » — de la séquence au graphe. Ensemble, ils tracent une même trajectoire : d'abord accorder les temporalités, puis écouter ce qui circule entre elles. Le premier donne l'axe T ; le second donne la relation. Réunis, ils donnent la forme exacte de TeMI et d'OCO.
Une réponse à une surdité. Le problème des organisations n'a jamais été le manque de données — elles débordent d'ERP, de MES, de capteurs. Le problème, c'est l'incapacité à reconnaître ce qui compte : les silences d'une réunion, la filiation d'un document, la dérive d'un collectif. Nous ne cherchions pas un tableau de bord de plus. Nous cherchions à rendre audible et navigable ce que l'entreprise pressent sans le formuler.
Depuis Codd (1970), l'informatique de gestion lit le monde en tables. SAP, Odoo, les MES, les PLM : quarante ans d'architecture où l'objet est une ligne, la relation une clé étrangère, le temps une colonne d'horodatage. Ce modèle a été — et reste — remarquable pour compter, stocker, rapprocher. Mais il aplatit trois choses que notre époque ne peut plus se permettre de perdre : la relation (réduite à une jointure), le temps (réduit à un timestamp), et le sens (absent, laissé à l'humain qui interprète après coup). Le silo n'est pas un défaut d'implémentation — il est la conséquence logique de la normalisation.
Le timestamp date un fait : « quand est-ce arrivé ? » Une colonne, un instant, un enregistrement.
La temporalité projetée qualifie une posture : « dans quel temps ce rôle vit-il ? » Un horizon, pas une date — ce qu'aucune clé étrangère ne sait exprimer.
La rupture que les deux livres ont fait affleurer est là : et si la relation n'était pas un attribut de la table, mais la substance même du modèle ? Et si le temps et le sens étaient de premier ordre, pas des colonnes ?
Non pas renverser Codd, mais reconnaître que l'ère de l'intelligence industrielle exige un autre substrat. Quand l'IA entre dans les processus, elle ne peut pas se greffer sur des silos tabulaires sans halluciner ni perdre la doctrine métier. Il lui faut un modèle où elle lit le même graphe que l'humain.
C'est OCO : une ontologie canonique où la filiation causale est la matière, où chaque objet déclare sa famille parmi un vocabulaire clos, où la temporalité projetée (T) — l'horizon vers lequel un rôle oriente son action, non l'instant où un fait est enregistré — et l'intensité sensible (I) sont des dimensions natives, et où la déviance se lit comme le déplacement d'un centre de gravité, non comme une ligne hors tolérance. Une architecture qui n'assimile pas l'intelligence après coup : elle est conçue pour elle dès la fondation.
Les dix brevets en sont l'ingénierie. La Suite Teris en est l'expression. Et ces deux livres en sont les fondations — belles précisément parce qu'enfouies, celles qu'on garde quand on rebâtit le temple.
Genèse du modèle OCO — Suite Teris. Fondé sur les ouvrages d'Éric Baroni : La Temporalité Interdisciplinaire (2024) et La Résonance Interdisciplinaire (2025). Modèle et suite couverts par les brevets B1 à B10, famille Baroni / Leroy (dépôt BE2025/0042), inventeurs Éric Baroni et Linsay Leroy, personnes physiques. Droits détenus par PatternEBLL. Reproduction et diffusion interdites sans accord écrit préalable. © Baroni / Leroy 2024–2026. Tous droits réservés.